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Gentiment je t'immole ± Heath & Léo

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Tempérance Ackerley
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MessageSujet: Gentiment je t'immole ± Heath & Léo Mer 27 Aoû - 20:04

Le vent sifflait, comme souvent sur les côtes Anglaises et la louve trouvait cela fort désagréable. Le temps britannique n’avait au final pas grand-chose à envier à la rudesse slave, elle tendait même à le trouver beaucoup plus exécrable que celui de sa clémente Hongrie. Aussi loin qu’elle s’en souvienne, Léo avait toujours détesté le vent. Il s’insinuait toujours dans la partie quand on ne lui demandait rien, glaçait les os, les peaux et agitait tout sur son passage. Plus encore, lorsqu’on était une louve, il transportait plus d’odeurs qu’on ne voudrait en sentir… Ou partager.
Les rafales à intervalles réguliers avaient obligé Léo à changer de tactique à seulement quelques heures du lever de la lune. Face à l’agitation croissante, elle avait dû déplacer sa « meute » un peu plus loin sous le village visé pour éviter que leurs effluves n’affolent davantage les animaux et s’était elle-même forcée à rester en place. Elle détestait cela, quand la situation lui échappait malgré toutes les précautions prises. Elle haïssait être, en plus d’être l’esclave de l’astre sélène, celle d’un vulgaire souffle et bien évidemment, la louve entre ses reins s’était fait un plaisir de la tourmenter pour rajouter à son irritation.
Le vent avait porté à son nez une panique déjà palpable et un arrivage constant d'odeurs inconnus, probablement venues pour renforcer les lignes de défense. Sans nul doute, la bataille s'annoncerait aussi rude que sanglante et la Hongroise peinait à contenir son impatience.

Fort heureusement, la lune s’était finalement levée sur le petit village. Sans peine, elle pouvait imaginer la panique qui régnait déjà en son sein depuis qu’elle s’était annoncée deux lunes plus tôt. Léo avait pris son temps, comme souvent, sélectionnant les pères de famille, les femmes aimées, les religieux, elle n’avait pas besoin de beaucoup pour rendre sa meute provisoire aussi létale que terrible à voir et la chasse n’avait d’intérêt que lorsque qu’il restait des proches pour les entendre se lamenter.
D’un Imperium bien placé, juste avant que sa propre transformation ne débute, elle avait guidé ses six futurs loups jusqu’à l’entrée, espérant que les troupes Ecarlates ne soient pas déjà en train de décapiter à vue, ce serait nettement moins divertissant si tel était le cas. Secrètement, elle avait toutefois espéré que le jeune bras droit de la troupe soit déjà présent pour défendre les villageois et lui laisser tout le loisir de le contempler à l’œuvre.
Lentement, l’astre argenté avait inondé la forêt et l’ouïe surdéveloppée de Léonora capta d’ultimes hurlements déchirants avant que sa propre musculature ne s'arrache, lui arrachant un gémissement douloureux. Que n’aurait-elle pas donné pour assister au glorieux spectacle d’un loup s’échappant d’un corps frêle sous les regards terrifiés ceux qui, quelques secondes plus tôt, s’étaient réjouis de son retour… Que n’aurait-elle pas donné pour admirer son œuvre…
Sous la lumière de la pleine lune, après quelques minutes d’une intense douleur, aussi familière que terrifiante, la louve fauve s’était élancée en galopant pour rallier le champ de bataille, exaltée pas cette liberté sauvage dont elle ne goûtait qu’une fois par mois -beaucoup trop rarement si vous lui demandiez son avis.
Le combat faisait rage, les sorts effleuraient ses loups et les crocs s’entrechoquaient sans peine avec le fer. Léo et la louve frissonnèrent à l’unisson, ivres de sang et de violence.
Toute la nuit durant, les crocs de la jeune Hongroise tranchèrent et déchirèrent les chairs, laissant à la louve tout le loisir d'observer,sans remord aucun, sa meute se faire décimer jusqu’au petit matin. La louve se délecta du chaos qu’elle avait semé, de la douleur qui émanait de chaque coup porté. Pour chaque loup qui était tué, était un allié qui disparaissait, tombait sous les coups de son propre camp tandis qu'eux-même égorgeaient femmes, enfants, proches et amis et Léo ne pouvait que s’en repaître.
Et lui, il était là, superbe, faisant danser sa lame et ses sorts avec la même virtuosité qu’elle lui connaissait. La Hongroise avait beau se satisfaire du spectacle, ce n’était pas aujourd’hui qu’elle périrait sous les épées ennemies et elle ne laisserait certainement pas l’Anglais mourir aussi facilement. Qui pourrait-elle bien s’amuser à observer de loin s’il venait à perdre bêtement la vie ? Si elle l’avait pu, la louve l’aurait même vaguement protégé pour s’assurer de sa survie mais manifestement, il n’avait pas vraiment besoin d’aide.

Peu avant que la lune ne disparaisse au profit de l’astre solaire, la louve abandonna le champ de bataille et les derniers survivants de sa meute aux mains des troupes Anglaises. Des soldats sur ses talons, elle acheva de les perdre entre les rues étroites et entra avec fracas dans une maison, surprenant ses occupants qui s’étaient terrés dans un coin de la pièce.
Un hurlement, puis deux et elle les acheva sans autre forme de procès, prise par le temps qui jouait en sa défaveur.
Avec la douleur familière et le regret nostalgique que la transformation amenait avec elle, la louve laissa de nouveau place à sa forme humaine. La Hongroise détestait cette faiblesse terriblement cuisante qui parcourait chaque parcelle de son corps les lendemains de pleine lune. C’était certainement ce qu’elle trouvait de plus difficile dans sa condition, lorsque l’animal faisait à nouveau place à l’humain, on se sentait vide, faible et démuni, honteusement nu.
Léonora eut tout juste le temps de se vêtir de vêtement glanés sur quelques cadavres et de s’entailler profondément les épaules et les bras que déjà, des soldats de l’écarlate venaient à sa rencontre.
▬ Aidez-moi... Fit-elle faiblement, d’une voix si rauque que même son léger accent nordique en devenait accessoire, tandis qu’elle titubait en leur direction, s’efforçant de ne pas encore poser les yeux sur le résultat de la nuit.
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Rohan Garrigan
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MessageSujet: Re: Gentiment je t'immole ± Heath & Léo Mer 27 Aoû - 20:17



HONEST TO GOD I'LL BREAK YOUR HEART, TEAR YOU TO PIECES AND RIP YOU APART. ONE NIGHT OF THE HUNTER, ONE DAY I WILL GET REVENGE. ONE NIGHT TO REMEMBER, ONE DAY IT'LL ALL JUST END.

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Deux jours. Voila deux longues journées passées dans ce village anglais dont il ne savait rien pour le jeune Malory. Les bâtisses anciennes et ouvragées ramenaient par vague à sa mémoire les souvenirs de son propre village avant que le chaos ne s’abatte sur ce dernier. Il avait passé deux jours à parler aux villageois, tentant de les rassurer quant au futur probable de leurs proches. Heath haïssait mentir, il détestait ça, mais face aux larmes de tant de parents, face aux pleures de tant d’enfants il ne savait quoi faire d’autre. Il allait les ramener. Du plus profond de son être l’idéaliste espérait ingénument d’y croire. Il allait essayer en tout cas. C’est pourquoi il était là. C’était pourquoi il était prêt à se battre jusqu’au dernier instant, affronter la mort jusqu’à l’aube déchirant le ciel et faisait fuir ses ennemis. Le brun savait ce que ça faisait de voir son village rayé de la carte, de voir cet endroit qu’on appelle maison disparaître sous les cris et le sang. Alors, lorsqu’il avait eu vent de nombreuses disparition dans le coin, des adultes, des plus jeunes, sans pour autant que l’endroit ne soit attaqué, l’irlandais avait sauté sur l’occasion. Gabriel avait longuement hésité, craignant que son second ne se laisse emporter par son désir de rixe, oubliant de suivre les conseils de son esprit aiguisé.
Malgré tout, Heath avait eu gain de cause, il était arrivé au village juste avant la pleine lune et attendait désormais l’attaque qui n’allait pas tarder selon lui. Gabriel, ne sous-estimant pas la menace des lycanthropes, avait envoyé d’autres chevaliers de l’écarlate pour prêter main forte à la troupe de dix hommes et femmes accompagnants alors Heath. L’heure tournait et alors que le soleil était allé se cacher à l’horizon depuis bientôt prêt d’une heure, voila que l’astre froid et nocturne commençait à apparaitre. Fébrile, le cœur prêt à se rompre, le brun eu à peine le temps de comprendre ce qui était en train de se produire que les disparus étaient aux portes du village, mais c’était bien trop beau pour être vrai. Certains villageois, sous l’effet de la surprise, quittèrent la sécurité précaire de leurs habitations pour se jeter sur leurs proches revenus alors que le jeune Malory criait à plein poumons : « ÉLOIGNEZ VOUS C’EST UN PIÈGE ! » Malheureusement pour lui, les dés étaient jetés et déjà les disparus revenus à la maison entamaient leur transformation sous les rayons pales et maladifs de la lune. Serrant fermement la poignée de son épée de sa main droite, le sorcier lança un premier sort de sa main gauche alors que déjà une femme venait de se faire arracher le bras sous les crocs acérés d’un des lycanthropes fraichement transformé.
Les cris, le sang, la douleur qui se répandait dans ses membres. Heath avait peur. Peur pour lui, peur de ne pas s’en sortir, peur de ne jamais revoir ses proches et s’éteindre pour de bon au cœur d’une nuit sans fin. Il avait senti le souffle chaud d’un lycan dans son oreille alors que ce dernier essayait de lui arracher la tête, il avait presque senti ses griffes lui déchirer le ventre alors qu’il plantait son épée droit dans le cœur de la bête. Un autre homme à terre, un autre frère, un autre père, un autre fils. Il avait encore tué de pauvres victimes de la guerre, effaçant leurs existences sans seconde pensée parce qu’il ne s’agissait pas de son frère, ni de son père, ni de son fils. Ces gens n’étaient pas ses proches et à défaut de pouvoir tous les sauver, il devait protéger ce village et ses habitants. Il devait les protéger du mieux qu’il pouvait. Il avait essayé, mais à voir les bâtisses ébranlées en leurs fondations, les maisons éventrées et le sang qui formait une mare à l’entrée du village, une fois encore il avait échoué.
La lune s’était retirée. Ses rayons maladifs avaient finis d’influencer les esprits torturés des pauvres kidnappés jetés au milieu de l’arène afin de faire le plus de dégâts. A peine avait il eu le temps de rengainer son épée que déjà on le demandait dans tous les coins, le seul soigneur présent incapable de s’occuper de tous les blessés. Heath peinait à arranger l’infirmerie de fortune qu’il avait placé dans une maison à moitié éventré tout en essayant de réconforter les victimes ayant perdus des proches. Dans les regards translucides des personnes présentes l’irlandais voyait un peu de lui, un peu de ce qu’il avait été à la chute de son village. Il comprenait ces gens et c’est surement pourquoi il préféra s’occuper des blessés plus que des victimes au cœur meurtri. « Heath ! » Entendit le brun depuis une maison dans la rue perpendiculaire à celle où il se trouvait. Pressant le pas vers son vieil ami qui venait de l’appeler, le jeune Malory vit un chevalier de l’écarlate soutenir maladroitement une jeune femme blessée sans savoir où l’emmener. « Je m’en occupe, si vous trouvez d’autres blessés ou survivants, amenez-les à la maison rouge au niveau de la place du village. » Passant un bras autour des épaules de l’inconnue, passant doucement sa main dans le creux de ses genoux, il la souleva sans peine avant de lui offrir un léger sourire. Malgré le sang sur ses vêtements, la légère égratignure qu’il avait à la tempe et ses traits tirés, le brun tentait tout de même d’avoir l’air rassurant. A croire qu’il voulait faire oublier à cette inconnue le fait que son village avait presque était décimé. A croire qu’il cherchait à lui faire oublier la peur, la douleur à l’aide d’un sourire, rien que ça. « Je suis Heath, on m’a envoyé ici… limiter les dégâts. » Quelque chose semble se coincer dans la gorge de l’irlandais, de la honte et des regrets très certainement. Détournant le regard, il tente de se défaire de ce sentiment, mais déjà il repose ses yeux sur la jeune femme qui ne lui est pas si inconnue que ça. L’avait il déjà vu ou alors était-ce son esprit embrumé par le sommeil qui s’amusait à lui jouer des tours ?

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It's spiraling down biting words like a wolf howling.Hate is spitting out each others mouths but we're still sleeping like we're lovers. Two feet standing on a principle. Two hands digging in each others wounds. Cold smoke seeping out of colder throats. Darkness falling, leaves nowhere to go.
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Tempérance Ackerley
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MessageSujet: Re: Gentiment je t'immole ± Heath & Léo Mer 27 Aoû - 20:43

Sa faiblesse n’était pas feinte et pourtant, elle aurait bien aimé que cela soit le cas. L’envie malsaine de se rapprocher du massacre sans éveiller les soupçons était à double tranchant. Elle devait désormais jouer le jeu, entourée des troupes anglo-saxonnes elle ne pouvait que rester sur ses gardes jusqu’à ce que ses forces lui reviennent pleinement et qu’elle puisse quitter le village, tous ses sens en éveil.
Alors non, les jambes encore vacillantes, s’accrochant tant bien que mal au soldat qui était venu à sa rencontre, sa faiblesse était tout sauf feinte. Le type avait prononcé quelques mots qu’elle avait balayés d’un vague geste de la main, la gorge trop sèche pour lui répondre. Un gémissement douloureux s’échappa de ses lèvres, ajoutant à la panique du jeune soldat qui avait déjà peur qu’elle lui claque complètement entre les bras. Peu glorieux, pour un chevalier… La réflexion arracha un sourire en coin à Léonora qui ne put s’empêcher d’émettre un léger rire railleur qu’elle s’empressa de masquer derrière un sanglot.
▬ Je m’en occupe, si vous trouvez d’autres blessés ou survivants, amenez-les à la maison rouge au niveau de la place du village.
Ses doigts enroulés autour du col du chevalier, elle releva le regard lorsqu’elle sentit son odeur avant même de le voir approcher. Il était là, enfin, celui qu’elle prenait plaisir à voir chuter à chaque attaque, celui que se relevait toujours, plus féroce et plus glorieux. Elle aurait pu le plaindre si la nature l’avait dotée d’un semblant de morale, après tout, il était fort probable qu’elle se démènerait tout autant s’il elle s’était trouvé dans la même situation. Mais en l’occurrence, elle était la chasseuse et il était la proie. Toute la multitude humaine était son buffet, son vaste terrain de chasse et surtout de jeu. Elle étendait sans aucun scrupule ses activités malsaines à toute la Grande-Bretagne, se faisant un plaisir de jouer les fantômes. Evidemment, elle n’avait aucune intention de tuer le bras droit de l’Ecarlate, ça n’avait aucun intérêt stratégiquement parlant et Andràs lui avait maintes fois répété que si elle souhaitait s’amuser, il n’était pas question de casser ses jouets avant qu’il ne lui ait donné son accord. La mort de Mallory l’aurait même très certainement attristée…
Léo se mordilla la lèvre inférieure tandis qu’il la soulevait sans aucun mal, la position de faiblesse dans laquelle elle se trouvait désormais la mettant plus que mal à l’aise, autant physiquement que mentalement. Ses muscles tout juste reformés peinaient encore à reprendre leur aspect initial, travaillant douloureusement autour de ses os sous sa peau diaphane. Pourtant, elle lui rendit sans mal ce sourire forgé de toute pièce qui lui avait lui-même adressé. Sourire forcé pour sourire forcé, il n’était pas impossible que le manque de sincérité passe inaperçue.
▬ Je suis Heath, on m’a envoyé ici… limiter les dégâts. Un silence faussement gêné accueilli la déclaration et Léo évita soigneusement de se présenter pour l’instant. Le regret contenu dans le ton vacillant de l’Anglais la fit presque frissonner de délice. Le voir d’aussi près en pleine détresse psychologique emplit la louve d’une grande satisfaction et les regrets qu’elle avait pu éprouver quant à son audace d’être restée s’envolèrent aussi vite qu’ils étaient venus.
Léo n’avait pas besoin de se plonger dans ses iris pour lire toute l’amertume et la honte qu’il éprouvait face à ce nouvel échec ; si elle tendait l’oreille, elle pouvait entendre le cœur du jeune Heath battre sans entrain une mesure laconique. Elle leva un bras ensanglanté pour poser sa main sur la joue du chevalier mais s’arrêta à mi-chemin tandis que leurs regards venaient enfin à se croiser. Un instant hésitante, elle acheva son geste pour caresser tendrement le front meurtri de l’Anglais, lui signifiant doucement qu’elle ne lui en voulait pas pour cette catastrophe qu’il n’avait pu que limiter. Elle avait monté ses plans de cette façon, les troupes n’avaient aucune chance tant le facteur humain flirtait avec l’incertitude. Le rituel avait beau être répété, les villes et villages étaient si différents les uns des autres que tous se laissaient abuser, trop profondément attachés à leurs émotions pour réfléchir clairement. Tous les avertissements du monde ne valaient rien face aux retours de ceux que l’on avait déjà cru perdre.
▬ Ce n’est pas votre faute. Lâcha-t-elle d’une faible voix, avec une certitude affichée, savourant doucement sa victoire sur le mental des troupes. Non, ça n’était pas la faute de l’Ecarlate puisque que, de toute évidence, c’était la sienne. Vous avez probablement fait de votre mieux.. Son index descendit le long de la mâchoire carrée du soldat et elle en profita pour vérifier que ses propres blessures étaient toujours aussi profondes. Dans quelques minutes peut-être devrait-elle trancher à nouveau la chair, le processus de cicatrisation d’un lycan étant plus rapide, il n’était pas rare que ses plaies se referment bien plus vite…
Son contrôle terminé, elle tenta de se lover contre la poitrine du jeune Mallory mais la douleur cuisante de ses muscles refusant de se contracter lui rappela qu’elle serait nettement mieux si elle mettait pied à terre. Sans compter que si elle était démasquée, ce serait probablement beaucoup plus pratique pour fuir.
Avec un sanglot douloureux, Léo lui signifia que la position actuelle ne lui convenait pas. Elle retira ses bras qui s’étaient finalement entouré autour du cou du chevalier et lui fit signe de la poser, faisant hurler tous ses muscles. Serrant les dents, elle musela sa souffrance habituelle pour ne pas alerter les sens du jeune homme.
▬ Je pense que je préfèrerai marcher. Lui confia la louve. Un sourire désolé étira ses lèvres craquelées par la soif alors qu’elle masquait au mieux son accent étranger derrière une respiration sifflante. Vous avez l’air éreinté. Vous êtes sûr que ça va ? S’enquit-elle après quelques secondes de silence, avide de l’entendre conter ses échecs et la déroute anglaise.
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Rohan Garrigan
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MessageSujet: Re: Gentiment je t'immole ± Heath & Léo Mer 27 Aoû - 20:44



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La guerre était pareille au ressac des vagues. Plus on repoussait l’horreur, ainsi que les attaques ennemies, plus elles revenaient de plus belle, avec plus de force, plus de violence. Heath n’était encore qu’un gamin. Malgré son corps d’homme, sa musculature fine et sa voix forte, il ne restait qu’un enfant que la guerre avait trop vite pressée dans une eau glacée sans qu’il ne puisse s’adapter. La seule raison pour laquelle le brun avait pris les armes était qu’il fallait des personnes pour protéger la nation, les innocents. Il existait tant de choses pour lesquelles le jeune Malory se battait, néanmoins il ne pouvait nier qu’à chaque fois qu’il tuait quelqu’un il se retrouvait les tripes retournées. Cette fois encore, l’espace d’une nuit, il s’était transformé en meurtrier. Le sang qu’il avait fait couler pesait sur ses paupières comme des chapes de plomb dont il ne pouvait se défaire.
Peut-être aurait il eu besoin de fermer les yeux une heure ou deux, juste le temps de reposer son cœur meurtrie et de panser les plaies qui recouvraient son cœur usé. Néanmoins, il n’en avait pas l’opportunité, pas le droit à cause de sa position. Si un homme devenait mener les hommes et femmes présents, c’était lui. Arrangeant comme il pouvait la récupération des blessés, d’autres commençaient à creuser des tombes pour les morts à l’entrée du village. Les chevaliers de l’Ecarlate connaissaient leur devoir et la présence d’Heath avait pour principal but de ne pas les faire désespérer. C’était le deuxième village qu’ils perdaient face à ce lycanthrope fantomatique, cet ennemi qui ne voulait pas montrer son véritable visage. Ce genre de détail avait le don de miner le moral des troupes, le moral de l’irlandais aussi. C’est surement pour cela que plusieurs chevaliers étaient pressés autour d’une seule et unique survivante. Retrouver quelqu’un en vie dans les ruines du massacre de la nuit précédente était la meilleure chose qui puisse pour ranimer le moral des troupes. Prenant son rôle très à cœur, désireux aussi de récupérer ne serait qu’une gorgée d’espoir, Heath décida de s’occuper de la jeune inconnue lui-même.
Même la très simple tâche de se présenter sembla être une montagne pour le jeune homme courbaturé, fatigué et lessivé. Lorsque les choses se passaient bien, lorsqu’ils arrivaient à protéger des centaines de personnes avec le moins de blessés possible, c’était aisé de se présenter. C’était même une fierté que de dire qu’il faisait partie de l’avant-poste, prêt à se sacrifier comme tous les autres. Les yeux baissés, se dirigeant vers l’infirmerie de fortune installée au centre du village, le brun évitait soigneusement le regard de la victime. Il refusait d’y découvrir du mépris, de faire face à un regard accusateur alors qu’il avait fait tout ce qu’il avait pu. Lorsqu’il vit la blessé lever son bras recouvert de sang en sa direction, Heath se demanda ce qu’elle comptait faire, ralentissant le pas légèrement perturbé. L’inconnue interrompit son geste certainement après avoir remarqué le trouble de l’irlandais. Posant ses yeux interrogateurs sur la brune, ce n’est pas des reproches, ni même du mépris qu’il y rencontra. Le regard de la belle se voulait rassurant, comme si cette dernier d’une caresse sur son front avait le pouvoir d’expier tous ses péchers, ses erreurs et ses regrets. « Ce n’est pas votre faute. » Un sourire las et fatigué étira les lèvres du brun qui forma le mot merci sur ses lèvres dans un silence de plomb. Il avait besoin qu’on lui retire un peu du poids écrasant ses épaules. Terriblement besoin qu’on l’aide avec ses remords. Parce que peu importait le nombre de survivants, d’âmes sauvées, il y en avait toujours qui finissaient par lui échapper et disparaître au néant. Le jeune homme ne pouvait pas sauver tout le monde, même s’il le désirait, c’était bien impossible et ce poids écrasait ses épaules bien trop frêles. « Vous avez probablement fait de votre mieux..» Il aurait bien aimé pouvoir dire ça aux villageois qui avaient perdu un être chère, aux disparues devenus des lycanthropes qui avaient miraculeusement survécu et n’avaient plus rien. Bien sur, il avait fait de son mieux, mais qui est-ce que ça intéressait ? Personne, il ne le savait que trop bien. « Ce n’est pas vraiment ce que l’histoire retiendra. » Souffla t’il alors que l’index de la jeune femme glissait le long de sa mâchoire. Légèrement perturbé par ce contact, il ne lui fit pas remarquer, rapidement pris par le cours de ses idées qui l’emmenait vers une notre jeune femme à des kilomètres de là.
Apercevant déjà l’infirmerie de fortune que les soldats avaient installée, le brun ne fit pas attention à la jeune femme qui gigotait pour se lover contre lui. Il allait bien la poser sur un lit de fortune avant de chercher de quoi  la soigner. Perdu dans ses pensées, il ne pu ignorer les gémissements douloureux de la blessée qui le ramenèrent au présent, l’arrachant au bras des souvenirs de la slave dont il était éperdument amoureux. Posant ses prunelles pareil à un océan trouble, il s’arrêta lorsque la brune lui fit signe de la poser. « Je pense que je préfèrerai marcher. » Heath hésita une seconde avant de finalement la posée à terre le plus délicatement possible. La voix de l’inconnue était faible, comme altérée par la douleur et la fatigue. La respiration aigue de la jeune femme inquiétait le soldat, mais il n’en dit rien. De toute manière, il ne pouvait rien y faire sur le moment.  Scrutant avec attention la jeune femme, il s’assura qu’elle tienne correctement sur ses deux pieds avant de lâcher les épaules de cette dernière. Il lui offre alors son bras comme un support sur lequel elle pouvait s’appuyer tout en disant : « Heureusement que c’est juste là. » Son bras gauche servant d’appuie à la brune, il posa sa main droite sur l’avant bras de cette dernière avant de se mettre à marcher très lentement de peur de la brusquer. La vingtaine de mètre qui leur restait paressait être interminable à la vitesse à laquelle il progressait, mais le brun comprenait qu’elle puisse préférer marcher si la douleur était trop intense lorsqu’elle était calée dans ses bras.
« Vous avez l’air éreinté. Vous êtes sûr que ça va ? » Posant ses yeux délavés sur la victime, il fut pris au dépourvu par sa remarque. C’était courant de voir les villageois s’inquiéter pour les soldats venus les défendre, mais par une journée comme celle-ci les victimes avaient tendances à oublier ceux qui s’occupaient d’eux. Pour le coup, le jeune Malory aurait bien aimé pouvoir passer une main sur son visage et effacer toute la fatigue qui s’était incrustée dans ses traits, lui donnant dix ans de vieillesse en plus. Il aurait aimé faire disparaître les poches se trouvant sous ses yeux et effacer ses cernes, néanmoins avec le rythme de vie qu’il avait ça ne risquait pas d’arriver. Prenant son temps pour répondre, le jeune homme ne savait pas vraiment quoi dire. Ca n’allait pas. Depuis le début de la guerre rien n’allait plus. Il était tombé amoureux d’une slave, avait perdu un de ses plus proches amis. Il craignait en permanence d’enterrer un être cher et aujourd’hui encore il avait perdu des chevaliers de l’Ecarlate, ces personnes qui se rapprochaient le plus de ce qu’il avait pour famille à l’heure actuelle. Le brun ne pouvait toutefois pas dire ça à une parfaite inconnue, surtout lorsque celle-ci venait de perdre son foyer.  « Pas besoin de s’inquiéter pour moi, je me reposerais plus tard. Je suis juste un peu fatigué, la nuit a été longue et les pertes sont malheureusement trop nombreuses. »
Atteignant finalement l’infirmerie installée en dernière minute, Heath aida la jeune femme à s’asseoir sur un tas de couverture. « Je vais aller chercher de quoi nettoyer vos plaies, je reviens dans un instant… Mais, je dois avoir oublié, quel est votre nom ? » Attendant une réponse de la jeune femme, lorsque celle-ci eu prononcé quelques mots il alla près du soigneur de la troupe pour lui demander de quoi s’occuper des plaies de sa mystérieuse blessée
 

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MessageSujet: Re: Gentiment je t'immole ± Heath & Léo Mer 27 Aoû - 20:55

La triste dissonance de chacun de ses mots constituait la plus douce des musiques aux oreilles de Léonora. Déjà, elle s’imaginait lui rire à la face, lui crachant que tout ce qu’il défendait, tout l’espoir qu’il avait mis dans ses interventions était vain et que bientôt, tout serait réduit à néant, qu’il n’y avait d’autre issue possible. Où qu’il aille, elle serait là, avec trois coups d’avance. Tout cela parce qu’il voulait plus que tout préserver les faibles et les innocents de l’horreur de la guerre. On ne pouvait pas protéger tous ses pions sur l’échiquier géant de la stratégie guerrière, certaines parties nécessitaient même le sacrifice de la Reine alors quoi ? A quoi pensait-il ? Les yeux fixés sur la mâchoire crispée de l’Ecarlate, la louve aurait volontiers tout donné pour être legilimens et visiter son esprit pour mieux y faire naître le désespoir. La perspective de le voir s’écrouler en direct l’enchantait déjà et elle aurait très probablement pu l’apprécier plus encore si elle lui avait elle-même labouré l’esprit jusqu’à qu’il n’en reste plus que ruines et désolation. Il en était presque attendrissant, à se flageller mentalement, nul besoin d’être devin ou de disposer de sens acérés pour déceler la lassitude derrière le sourire de façade, entre ses lèvres qui exhalaient un merci silencieux.
Un instant, un seul, la Hongroise s’était même laissée allée à le plaindre pour ce qu’elle lui faisait subir ou pour ce qu’il semblait endurer en général. Il lui semblait trop jeune, peut-être, pour supporter le poids de la guerre. Par égard pour lui, pour tous les autres, elle ne pouvait que trop lui conseiller de se rendre, d’arrêter les frais, là, maintenant. Rendre les armes et cesser de défendre une égalité ou tout autre idéal qui n’existait pas. Elle lui aurait assené que l’utopie qu’il cherchait était vaine, que Durmstrang et ses troupes écraserait toute résistance et que s’il laissait tomber maintenant, il aurait peut-être la chance de vivre encore…
Sauf que non. Il était évident qu’au plus profond d’elle-même, elle ne pouvait pas cautionner une reddition aussi aisée. A dire vrai, il n’y avait même pas d’abandon possible quand Léo menait la danse. Rendre les armes impliquait qu’il y ait une bataille, féroce et sans merci, mais en l’occurrence, il n’y avait rien, seulement un fantôme qui surgissait à intervalles réguliers, une ombre comme elle avait toujours été vouée à l’être, rôle qui la contentait pleinement.
Puis il avait prononcé cette phrase…
▬ Ce n’est pas vraiment ce que l’histoire retiendra. Quelques mots qui auraient pu lui échapper si elle n’avait pas prêté l’oreille et qui s’étaient insinués dans son esprit tout le long du trajet sans qu’elle n’y fasse vraiment attention. Le fait est que jamais Léonora n’avait réfléchi à la possibilité d’entrer dans l’Histoire de son propre chef, ça ne l’intéressait pas vraiment et surtout, quel était l’intérêt d’être invisible si, soudainement, on mettait un visage sur ses exploits, si son nom commençait à tourner… Il y eut un moment de flottement silencieux durant lequel la louve frissonna presque de terreur à l’idée de perdre son utilité une fois son nom passé à la postérité. Elle n’était pas de ceux qui aspiraient à être craints sur le champ de bataille dès que leur silhouette se détachait sur l’horizon sanglant. Comme la louve, elle ne se dévoilait qu’à la nuit tombée et c’était mieux ainsi…
▬ L’Histoire n’a pas beaucoup d’importance actuellement, vous savez... Répliqua-t-elle dans un murmure avec une certaine sincérité. L’avenir était flou, abstrait, seuls comptaient les actes du présent, dans un camp comme dans l’autre.
Son aversion pour l’attention ne l’empêchait cependant pas de vouloir approcher son œuvre. Si elle l’avait pu, elle aurait touché chaque cadavre, sentit chaque corps ensanglanté et fixé intensément chaque veuve éplorée. A la vue d l’infirmerie, Léo n’avait pu retenir un léger sourire carnassier, savourant déjà par anticipation toute la souffrance qui l’inonderait une fois qu’elle y serait.
Mais pour l’heure, il l’avait enfin posée à terre, à sa demande, lui arrachant la même grimace sincèrement douloureuse qui avait froissé ses traits quelques secondes plus tôt. Elle avait bêtement espéré qu’elle serait remise bien plus rapidement mais était bien forcée de constater que ça n’était pas le cas, le manque de pause réelle entre sa forme lupine et sa re-transformation ayant certainement joué en sa défaveur. Entre ses dents, la slave retint une bordée de jurons en hongrois, impliquant les soldats de l’écarlate, leur efficacité, leur mère et une bonne demi-douzaine de moyens de torture (et peut-être même des pratiques sexuelles douteuses, mais passons). La main sur soldat enserrant encore ses épaules fit naître un sourire imperceptible au coin de ses lèvres. Il était plein de prévention à l’égard de quelqu’un qu’il ne connaissait absolument pas, prenant son rôle tellement à cœur que le voir agir lui faisait presque mal. Elle s’en voudrait de le couper dans un tel élan chevaleresque…
▬ Heureusement que c’est juste là. La jeune femme vacilla légèrement avant de se raccrocher au support qu’il lui offrait par cette même invitation et se traina en direction de l’infirmerie de fortune. Il ne fallut pas longtemps avant qu’elle ne cède à la tentation de titiller le jeune chevalier avec le bilan de la nuit, peut-être même celui de sa vie d’une manière générale. C’était sa façon toute personnelle de jauger l’avancement des troupes Russes au sein des îles Anglo-saxonnes. Elle aimait à penser que plus la détresse se répandait dans les cœurs, plus les vies étaient arrachées à ceux qui combattaient, plus proche était la victoire pour le camp slave. La réponse mit du temps à venir, un temps qui lui sembla infini et qu’elle meubla en laissant voleter son regard sur la désolation semée par ses loups, sautant des corps déchirés aux maisons éventrées.
▬ Pas besoin de s’inquiéter pour moi, je me reposerais plus tard. Je suis juste un peu fatigué, la nuit a été longue et les pertes sont malheureusement trop nombreuses. Léonora secoua brièvement la tête. Elle ne s’inquiétait pas plus que cela pour lui et les seuls mots qui l’avaient réellement frappée était pertes et nombreuses. Il lui était impossible de le nier, ça n’était pas sans un certain orgueil qu’elle l’entendait prononcer le bilan approximatif de la nuit. A elle seule, en quelque sorte, éradiquer des villageois et des soldats des troupes écarlates n’était pas un petit exploit et malgré tous ses efforts pour ne pas se sentir concernée par l’Histoire avec un grand H, elle ne pouvait empêcher cette pointe de fierté jubilatoire.
L’immense sentiment de satisfaction qui l’avait envahi s’amplifia lorsqu’ils pénétrèrent dans l’infirmerie et que l’odeur du sang et de la mort vinrent flotter autour de ses narines sensibles. Elle fronça le nez alors qu’elle s’asseyait docilement sur un tas de couverture, sous l’impulsion d’Heath. Les muscles enfin au repos, Léo les sentit immédiatement se détendre et se remettre à travailler, lui rendant progressivement des forces.
▬ Je vais aller chercher de quoi nettoyer vos plaies, je reviens dans un instant… Mais, je dois avoir oublié, quel est votre nom ? La louve pinça les lèvres. Evidemment, il ne perdait pas non plus complètement le nord…
▬ Léo, mes amis m’appellent… M’appelaient Léo. Mais je m’appelle Eléonore. Répondit-elle d’une voix faussement brisée tandis que son regard voguait sur blessés présents avec l’espoir que personne ne vienne meugler qu’elle n’avait jamais mis les pieds dans ce foutu village. Je venais d’arriver... Crut-elle bon d’ajouter avant d’éclater en sanglot et de l’observer s’éloigner entre ses doigts écartés. Bénissant au passage tous les dieux du coin de l’avoir dotée d’un prénom pas si éloigné de la culture anglaise, elle n’avait pas caché son surnom, le jeu n’en serait que plus drôle, surtout depuis qu’elle était sûre de pouvoir s’échapper si elle restait encore quelques minutes de plus au repos. En occultant volontairement le nom de famille, elle s’assurait qu’il s’en sache pas plus et gardait ses sens aiguisés au cas où il reviendrait à l’affut d’un complément d’information. Elle était d’ailleurs surprise qu’il ne lui ait pas fait la remarque plus tôt mais se doutait qu’après le tumulte des batailles, les visages ne devenaient plus que de vagues traits flous. Elle-même ne se souvenait pas de ceux qu’elle avait mordu, tué, dépecé. L’écarlate pouvait au moins se vanter d’être un des rares dont elle avait vaguement retenu l’odeur et la physionomie.
Lorsqu’elle le jugea suffisamment loin, Léo se redressa doucement et balaya les lieux du regard à la recherche de toutes les issues de secours et du placement de chaque soldat. Elle analysa la disposition de l’infirmerie de fortune, se maudissant de ne pas pourvoir obtenir une vision d’ensemble, que ce soit pour sa sécurité ou son plaisir personnel.
Ses prunelles acérées descendirent sur ses blessures auto-infligées et elle constata avec une certaine lassitude qu’elles avaient déjà commencé à se refermer. Vérifiant que personne n’avait les yeux posés sur elle, la Hongroise attrapa le premier instrument tranchant qui lui tomba sous la main (à savoir un vieux couteau de cuisine qui avait probablement appartenu aux propriétaires de la maison dans laquelle ils étaient installés) et trancha profondément sa chair à l’endroit où les meurtrissures commençaient à guérir.
Apercevant le soldat écarlate sur le retour, elle épongea rapidement le sang qui s’écoulait et laissa tomber le couteau à ses pieds qu’elle fit glisser sous la pile de couverture.
▬ Vous avez dit qu’il y avait de nombreuses pertes... demanda-t-elle lorsqu’il fut à portée de voix Vous comptez aussi… les... les monstres ? Le terme désignant la louve la fit elle-même grimacer, jamais elle n’aurait désigné l’animal qui dormait dans ses tripes par un terme si peu flatteur mais il fallait qu’elle sache si ses victimes, ceux qui avaient vu son visage, avaient survécu à la bataille ou si les troupes avaient réussi à tous les occire. Si ça n’était pas le cas, il était impératif qu’elle se débarrasse des survivants.
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Rohan Garrigan
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MessageSujet: Re: Gentiment je t'immole ± Heath & Léo Mer 27 Aoû - 20:56



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Enfant de rien, fils de personne, Heath c’était élevé en ce bas monde à l’aide de ses propres poings. Il s’était battu, débattu pour e faire un nom, la vie lui donnant plus de fil à retordre que ce qu’il n’aurait cru. La guerre était tombée comme le souffle suivant l’explosion. Tout le monde la sentait dans l’air, mais personne n’aurait osée la prédire. Dans ces instants de lourd dilemme, le brun avait trouvé sa voie, donner de la voix pour une cause qui lui était chère. Il s’était battu, encore et encore pour les siens, pour des inconnus et pour les enfants de demain. Malgré lui, le jeune Malory était un grand romantique. Le genre qui écrivait le futur avant même d’avoir construit le présent. Le genre qui parlait beaucoup, insufflait chez ses proches la force de ses idéaux sans pouvoir les protéger du tombeau. Le brun avait vu bien trop de morts pour son âge. Lui qui venait de nulle part avait perdu ses racines lorsque son village s’était vu détruit par la folie meurtrière de slaves aux stratagèmes particulièrement tordus. Même s’il ne pouvait le dire, même s’il ne voulait l’avouer, voir ce schéma se répéter encore et encore le torturait. Il avait l’impression d’avoir la clé du puzzle et de ne pouvoir agencer les pièces comme il fallait. Comme un enfant essayant encore et encore de presser l’une contre l’autre des pièces qui n’avaient aucune ressemblance. Il se sentait idiot de s’entêter ainsi, mais il n’était pas dans sa nature d’abandonner en cours de route. Surtout pas si des vies étaient en jeu. Alors, peut-être péchait il a vouloir être reconnu pour les actes qu’il avait posé. Un péché d’orgueil très certainement. Mais avec une vie comme la sienne, ne pas finir par être un nom soufflé par l’oubli ne semblait pas être un souhait si inavouable que ça. La jeune inconnue ne répondit pas immédiatement et le jeune Malory se disait qu’il n’avait pas tellement tord que ça. L’histoire ne se souvenait jamais que des vainqueurs, des sauveurs et des martyrs. Les méchants étaient crains, les idiots étaient oubliés et ne restait plus personne pour prononcer leur nom tout bas. Lui qui n’avait rien, presque plus de famille, pas de frère, pas de sœur, espérait offrir à sa descendance ne serait-ce que cela. Rien qu’un nom auquel se raccrocher, un père dont ils pourraient être fiers s’il venait à périr avant de pouvoir leur offrir l’amour qu’il réservait pour eux. Pour cela faudrait-il encore que le brun engendre une descendance. Idée qu’il avait, mais qu’il redoutait ne pas pouvoir réaliser. Est-ce qu’Anya pourrait porter ses enfants ? Comment pouvait-il penser à engendrer des êtres purs et fragiles dans un monde aussi trouble que le leur ? Il ne le pouvait pas. « L’Histoire n’a pas beaucoup d’importance actuellement, vous savez... » Un vague sourire aux lèvres, Heath hocha lentement la tête avant de répliquer aussi faiblement, comme si ces deux inconnus partageaient un lien indescriptible : « Ca dépend à qui on lègue cette histoire. »
L’amenant jusqu’à l’infirmerie installée en urgence dans le centre du village, il ne comprenait pas véritablement ce qui l’intriguait chez la jeune femme. Peut-être était-ce le fait qu’elle s’était montrée prévenante à son égard ou bien souvent les villageois ne pensaient pas aux pauvres soldats ? Ceux venus se battre pour eux, risquer leur vie et perdre des choses eux aussi. Ou encore était-ce son comportement, l’espèce de force qui se cachait dans sa carcasse bien frêle ? Ca pouvait tout aussi bien être l’aura de mystère qui planait autour de sa personne ? Qui était t’elle ? D’où venait-elle ? Comment faisait-elle pour sembler aussi maîtresse de ses moyennes alors qu’elle venait certainement de tout perdre ? Heath lui demanda à nouveau son prénom avant d’aller chercher de quoi nettoyer ses plaies. Le regard de la jeune brune dévoilait énormément d’émotions sans jamais véritablement en afficher une seule. Un dédale semblait se cacher sous le crâne de la belle inconnue et le jeune soldat aurait tout donné pour savoir ce qui s’y cachait. « Léo, mes amis m’appellent… M’appelaient Léo. Mais je m’appelle Eléonore. » Eléonore semblait perdue. Incertaine entre ce qu’elle pensait et ce qu’elle devait dire. A croire qu’elle n’avait pas encore assimilé tout ce qui s’était produit lors de cette nuit cauchemardesque. Tachant de sourire de manière rassurante, le jeune homme se refusait à dire qu’il était enchanté de la rencontrer. Il s’agissait simplement d’une formule de politesse, mais dans leur cas ils ne pouvaient pas être enchantés de se rencontrer. Pas comme ça. Pas dans de telles conditions. Alors, il serra légèrement l’avant bras intacte de la brune pour lui témoigner ce qu’il ne pouvait dire avec des mots. « Je venais d’arriver... » Plongeant ses prunelles océans dans celles de Léo, Heath ne disait rien. Il se contentait de la fixer, touchant son avant bras en essayant de lui faire comprendre à quel point il pouvait être désolé que le monde puisse lui avoir fait endurer cela.
Au bout de quelques secondes, il laissa la jeune femme là, rejoignant le seul véritable infirmier de la petite troupe afin d’avoir son aide et d’obtenir les produits dont il avait besoin. Limités, surpassés par les blesser, autant dans leur camp que des villageois, les chevaliers de l’Ecarlate se retrouvaient, comme souvent, à faire de leur mieux avec bien peu. Guidant deux soldats, Heath donna quelques ordres tout en redonnant du courage aux hommes et femmes éreintées par la nuit qu’ils venaient de vivre. Tous avaient un cœur d’or et beaucoup de courage pour traverser les épreuves que la vie avaient mise en travers de leur route, tous étaient ses frères et sœurs même si aucun ne partageait son sang. Les mains tenant de quoi faire un bandage et désinfecter les plaies de Léo, le brun revint un léger sourire aux lèvres vers cette dernière. Arrivant à sa hauteur, il n’eu pas le temps de déposer son fardeau que déjà la brune s’adressaient à lui. « Vous avez dit qu’il y avait de nombreuses pertes... Vous comptez aussi… les... les monstres ? » Malgré lui, le soldat ne pu s’empêcher de répondre immédiatement et un peu étonné : « Les monstres ? » En se mettant à la place de Léo, il n’eu pas de mal à comprendre pourquoi elle parlait de monstres lorsqu’il parlait de victimes. Posant le matériel qu’il avait ramené, le brun passa une main dans ses cheveux avant de regarder autour de lui. A quelques mètres de lui se trouvait un des loups-garous ayant détruit le village. Ce dernier, éventré, était installé à même une couche rustique et imbibée de son propre sang après avoir reçu des soins dans la mesure du possible. Ne lui restait plus que le temps pour guérir et ses facultés de lycanthrope pour l’aider. « Je ne pense pas qu’ils soient des monstres. La majorité des lycans ayant eu à attaquer le village ne le désiraient pas. C’est une des horreurs de la guerre, être obligé de faire ce qu’on pense inimaginable et d’avoir agir contre son propre gré. » Commençant à désinfecter la plaie sur le bras de Léo, il s’étonnait de la profondeur de la blessure. La jeune femme s’était à peine plainte et voila que Heath remarquait seulement maintenant la profondeur de ses blessures. Essayant d’être le plus délicat possible, le Malory s’affairait consciencieusement à nettoyer puis désinfecter la plaie avant de reposer ses yeux sur le visage d’Eléonore en pointant la couche à proximité d’eux. « C’est une des victimes, après avoir été kidnappé, il a été transformé et renvoyé ici. Maintenant, s’il se réveille, il va devoir encaisser le fait qu’il a perdu toute sa famille. Ce n’est pas un monstre, c’est juste une victime. » Entamant la confection d’un bandage, Heath ne remarquait pas les yeux de la jeune femme qui se baladaient avec trop d’intensité sur le corps à moitié inerte de la pauvre victime. Peut-être que s’il avait fait plus attention il se serait rendu compte de tous les détails qui auraient du lui faire comprendre l’évidence cachée derrière le regard trouble de Léo. Sauf que le brun était trop à côté de ses pompes, trop obsédé par l’idée qu’il avait perdu trop de monde et sauvé pas assez. « On a perdu vingt villageois, cinq soldats et on a tuer trop de lycans. » Ils n’avaient pas eu le choix, ils avaient endiguer ce qui aurait pu être comparé à une infection propageant la mort autour d’elle. Le pire ce n’était pas les nombres qu’Heath venait d’énoncer, mais c’était de savoir combien de villageois peuplaient ce petit village. Savoir qu’ils avaient perdus la majorité des personnes qu’ils étaient censé protéger. « Vous avez parlé de vos amis… ils étaient venus avec vous ? » Dans le dos du brun, le lycanthrope blessé commençait doucement à s’agiter, peut-être pourrait il aider Heath à trouver l’auteur de ce massacre…

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Tempérance Ackerley
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MessageSujet: Re: Gentiment je t'immole ± Heath & Léo Mer 27 Aoû - 21:04

Aussi étrange que cela puisse paraître compte tenu des circonstances , Léonora se sentait en sécurité. Cela n’avait rien à voir avec le sentiment de puissance qu’elle éprouvait quoi qu’il arrive, l’implacable supériorité qui découlait de sa position d’observateur omniscient. Non. En balayant du regard les soldats qui s’affairaient autour des blessés, leur assurance à travers les épreuves et le même sourire vacillant qu’elle avait pu observer chez Heath, Léo songea que si elle avait réellement été une de ces innombrables victimes, elle se serait sentie protégée. Quelle que soit l’issue de la bataille et les douleurs à venir, il était étrangement rassurant de voir autant de silhouettes s’affairer pour le bien être des autres.
La Hongroise se questionna vaguement sur ce que chacun avait réellement à gagner dans toute cette histoire. Les Anglais et leurs alliés fonçaient droit dans un mur et le rapprochement des forces slaves ne faisait que renforcer les convictions de la jeune femme qui ne doutait pas une seule seconde de leur victoire imminente. Alors pourquoi diable se battait-il encore ? Rendre les armes permettrait d’éviter des pertes supplémentaires et d’éventuellement sauver ce qui pourrait encore l’être.
Elle admirait l’opiniâtreté de ses ennemis, leur courage face à l’adversité et leur force de caractère. Elle admirait toute l’âme qu’ils mettaient à combattre des forces invisibles. Dans leur obstination, ils en étaient presque proches des slaves qu’ils tentaient si vaillamment de repousser.
Dans un certain sens, Léonora songea que si les rapports de force avaient été inversés, elle aurait probablement aimé qu’on en fasse réellement de même pour elle. Puis la question de savoir ce qu’elle aurait fait si elle avait été à la place des anglais se posa inévitablement et il n’était pas aisé d’y répondre. La slave aurait probablement suivi son frère mais sa position dans le conflit lui paraissait incertaine. Aurait-il suivi ses convictions jusqu’au bout ou la loin du plus fort ? Intimement, Léo tenta de se persuader qu’Andràs aurait sûrement agit avec la même noblesse qu’Heath Malory. Une noblesse qui ne semblait surgir que lorsque la situation semblait désespérée. Quand on était en position de force, on se contentait d’écraser son adversaire jusqu’à ce qu’il ne reste plus que cendres, cadavres et désolation, à l’image du village que la jeune femme avait pris un immense plaisir à raser.
Contrairement à ce qu’elle avait pu penser au premier abord et après l’avoir surveillé pendant quelques attaques, Heath était un type rassurant. Il n’était pas vraiment taillé comme ces grands vikings qui peuplaient les rangs des troupes Russes mais était autrement plus imposant par sa présence et la conviction qu’il mettait dans ses mots.
Malgré elle, Léonora ne put s’empêcher de sourire, masquant avec peine l’euphorie qui montait déjà en elle. Briser le pilier qu’était Malory donnerait assurément un terrible coup au moral des anglais et les chevaliers de l’écarlate en seraient probablement ébranlés. Elle s’imaginait déjà danser sur ce qu’il resterait de sa fierté au beau milieu des ruines encore fumantes du petit village.
Avec fascination, Léo l’écouta justifier le statut des lycans malgré eux à celle qu’il pensait être une victime prise entre deux feux tout en désinfectant sa blessure.
▬ Je ne pense pas qu’ils soient des monstres. La majorité des lycans ayant eu à attaquer le village ne le désiraient pas. L’amusement se dessina légèrement sur les traits fatigués de la lycane. Aucun ne voulait vraiment attaquer leur maison, leur havre de paix, aucun. A part elle. Elle avait dévoré, déchiré, arraché à la vie en toute connaissance de cause et la culpabilité ne faisait aucunement partie de son vocabulaire. C’est une des horreurs de la guerre, être obligé de faire ce qu’on pense inimaginable et d’avoir agir contre son propre gré. La phrase fit un instant réfléchir Léo sur ce qu’elle désirait vraiment mais la réponse s’imposa d’elle-même. Elle voulait la reconnaissance d’Andràs et tout son être était tourné vers un seul et unique but. Le reste ne l’affectait qu’à peine.
Son regard suivit lentement celui du soldat pour se poser sur un lycan survivant et la jeune femme se figea.
▬ C’est une des victimes, après avoir été kidnappé, il a été transformé et renvoyé ici. Maintenant, s’il se réveille, il va devoir encaisser le fait qu’il a perdu toute sa famille. Ce n’est pas un monstre, c’est juste une victime. Autant dire qu’il serait mieux mort avec un tel palmarès pour sa première transformation…
Une légère moue dépitée passa furtivement sur le visage de la jeune Hongroise. S’il ne mourait pas de ses blessures, elle devrait donc s’en charger et ça n’avait pas été prévu dans ses plans. Rendue légèrement nerveuse par la présence d’un survivant si proche, Léo s’agita brièvement tout en fixant avec intensité le corps encore ravagé de sa victime.
Elle renifla discrètement, vexée de ne pas avoir sentie l’odeur du loup derrière les milles et unes effluves sanguines. Celle-ci était ténue mais bien présente et si l’homme venait à l’identifier, cela mettrait fin à ce petit jeu de rôle qu’elle affectionnait tant. Léo retournerait dans l’ombre de la Louve et pour une fois, cela ne lui convenait pas.
▬ On a perdu vingt villageois, cinq soldats et on a tué trop de lycans. Ou pas assez. répliqua mentalement la slave avant de lever son regard sur Heath.
Objectivement, le bilan était excellent et Léo aurait probablement senti tout son corps réagir à une telle performance, même la Louve sous sa peau en aurait frissonnée de plaisir s’il n’avait pas été entaché par une erreur, une ombre au tableau. Seulement cet homme, là, étendu à côté d’elle mettait en péril tout ce pour quoi elle avait œuvré durant des mois.
▬ Vous avez parlé de vos amis… ils étaient venus avec vous ?
Léonora ouvrit la bouche pour sortir un nouveau mensonge plus gros qu’elle afin d’éloigner le soldat suffisamment pour pouvoir faire la peau au survivant mais l’agitation et les grognements du lycanthrope la stoppèrent avant même qu’un mot ne franchisse ses lèvres.
Elle considéra un instant le corps blessé étendu sur la couche de fortune puis posa un regard faussement compatissant sur Heath.
▬ Je suis désolée pour cet homme. Est-ce que je peux faire quelque chose pour lui ? Lui tenir compagnie pendant que vous allez chercher de quoi soulager sa peine ? Joignant le geste à la parole, la slave s’était doucement redressée, faisant encore gémir les derniers muscles déchirés qui n’avaient pas eu le temps de reprendre leur forme initiale.
Elle fit jouer son avant-bras, sentant sa blessure frotter contre le bandage avant de lever un nouveau regard triste vers le soldat de l’Ecarlate et de répondre à sa question d’une voix brisée.
▬ Mes amis étaient… Ils devaient me rejoindre et… J’ai vu un mons-… Elle s’interrompit en fixant le loup blessé derrière Heath. … J’ai vu un loup les… les dévorer… La jeune femme enfouit son visage contre l’épaule d’Heath, le corps secoué de sanglots.
Elle n’avait jamais été très douée pour jouer la comédie, c’était sans doute pour cela qu’elle n’avait pu rejoindre son frère chez les Sfinkabel, parfaitement incapable de tenir naturellement un rôle, l’infiltration lui aurait été de toute façon impossible. Mais en l’occurrence, la slave était plutôt fière de sa performance qu’elle jugeait plutôt convaincante.
Ses doigts s’enroulèrent désespérément autour de l’avant-bras du jeune soldat et elle calma progressivement sa crise de pleurs. Les yeux encore embués de larmes, elle ferma lentement les paupières puis reporta son attention sur le lycanthrope qui commençait à s’éveiller en gémissant toujours plus fort. Le temps pressait.
▬ Si cet homme a perdu sa famille alors… Alors je suis une des moins touchée, ici, je pense. Je veux soulager son fardeau. Vous pourriez m’apporter de quoi lui prodiguer quelques soins ? Je ne sais pas s’il passera la nuit, je ne m’y connais pas en lycan mais… je veux vous aider.
Léo se mordit vaguement la lèvre inférieure, embarrassée et craignant d’avoir peut-être été trop loin dans son enthousiasme. Au fond, elle aurait pu partir directement maintenant que sa blessure était plus ou moins nettoyée aux yeux de Mallory et surtout que la plupart de ses membres s’étaient enfin remis de la métamorphose ; même si le lycan s’en remettait, il n’aurait qu’une description vague à leur offrir. Une brune aux traits slaves. En persistant dans l’infirmerie de fortune elle se mettait bien plus en danger qu’autre chose.
Mais c’était plus fort qu’elle, elle devait rester, creuser la plaie faite dans l’esprit des anglais et se nourrir du désespoir environnant. Plus elle regardait Malory plus elle souhaitait le voir ramper à ses pieds, toute volonté envolée. Elle voulait voir son regard s’éteindre peu à peu, même si cela signifiait perdre l’anonymat qui lui était si cher et mettre un visage sur l’ombre de la Louve qui ravageait les villages.
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MessageSujet: Re: Gentiment je t'immole ± Heath & Léo Jeu 28 Aoû - 21:03



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Le cœur du chevalier de l’Ecarlate était pur. Enfin, aussi pur qu’il puisse l’être après ce que l’anglais avait bien pu vivre. Même s’il tentait de se persuader que le temps ne l’avait pas changé, il ne pouvait nier l’impact de la guerre sur lui. L’impact des pertes dont il avait souffert surtout. Le jeune Malory n’était pas encore tout à fait un homme et pourtant il n’avait déjà plus aucun des traits de l’enfance gravé sur son faciès. Le brun avait trop vu pour son jeune âge. La levé de la guerre, la perte de l’innocence, ces choses avaient transformées Heath même si ce dernier cherchait à le nier. Ses décisions étaient moins ingénues, le soldat prenait le pas sur l’adolescent. Néanmoins, même si le temps volait progressivement l’innocence du sorcier, ce dernier ne faisait que renforcer ses idéaux. Les idéaux pour lesquels il continuait à se battre malgré la douleur, la solitude, la peur de perdre encore et toujours plus. Le soldat avait la chance d’avoir des idéaux pour lesquels se battre. Une raison qui le poussait toujours vers l’avant et l’empêchait de se laisser dépérir à petit feu.  Il défendait une idée, un foyer. Cette terre qu’on avait attaquée et tous les innocents sans défenses qui se retrouvaient au milieu d’une bataille qu’ils n’avaient pas demandée. Peut-être avait il tord ? Peut-être les slaves étaient il les gentils de cette histoire ?  Heath s’était déjà sincèrement posé la question. Par curiosité, pour comprendre ceux qu’on qualifiait trop rapidement d’ennemis. Malgré la fureur dont il faisait preuve sur les champs de batailles, malgré l’ardeur guidant sa main et sa baguette, le brun ne détestait pas les hommes et les femmes qu’il était forcé de presser vers la tombe. Il ne s’agissait que de gens comme lui et ses frères d’armes. De la chair à canon se battant pour une idée, contre leur gré parfois aussi. Heath faisait ce qu’il avait à faire pour protéger ses proches, son pays aussi. Bien sur, il était persuadé que les personnes dans le camp opposé faisaient pareil. Ils avaient tous des raisons les poussant à prendre les armes, des raisons qui n’auraient jamais du les presser ainsi dans ce chaos qui engloutissait tout sur son passage.
Le jeune soldat avait énormément de mal à s’occuper des blessés. En général, il laissait ça aux poutsouffles bien plus aptes que lui à soigner les victimes. Néanmoins, le jeune homme n’évitait jamais la tâche lorsqu’ils étaient en manque de bras. Jamais il ne rechignait à n’importe quelle tâche. Un vide dans le cœur du brun le poussait à toujours vouloir en faire plus. Sauver plus de monde, aider plus de gens, gagner plus de victoires, empêcher plus de défaites. Heath avait perdu déjà bien trop d’amis, frères d’armes, membres de sa famille. Il se raccrochait aux vivants et faisait de son mieux pour que personne ne doive se retrouver esseulé comme il pouvait l’être parfois. C’est pour ça qu’il avait tant de mal à regarder les victimes dans les yeux, les voir souffrir alors qu’elles réalisent ce qu’elles ont perdues. Ces personnes qui ne reviendront jamais à la maison, ce foyer qui n’existe plus. Mais il devait y faire face. Dans la vie, il arrive toujours un moment où l’on doit faire face et le soldat le faisait du mieux qu’il pouvait en aidant cette jeune femme un peu étrange, un peu intriguante aussi.
Heath ne savait pas du tout pourquoi il s’évertuait à répondre aux questions de la jeune femme. Ni pourquoi il défendait les lycans qui avaient détruits ce village. Bien d’autre auraient vite fait de condamner les pauvres êtres déjà damnés par la lune. Ca n’était pas son cas, il ne voyait qu’en ces bêtes monstrueuses les hommes et les femmes poussées par leur forme à accomplir des massacres. Néanmoins, il condamnait la personne tordue et pourrie jusqu’à la moelle qui pouvait ainsi se jouer des âmes déjà torturées qu’elle rejetait à l’entrée des villages. « Je suis désolée pour cet homme. Est-ce que je peux faire quelque chose pour lui ? Lui tenir compagnie pendant que vous allez chercher de quoi soulager sa peine ? » Un mince sourire aux lèvres, Heath était touché par cette parfaite inconnue qui était prête à s’occuper d’un être qui pourtant avait rasé le village. Pas de sa propre volonté, mais quand même. Un peu trop candide, le sorcier pensait voir en la blessé une personne dotée d’une bonté incroyable. Le brun et sa stupide foi en l’être humain ne se doutait pas à quel point il pouvait avoir tord. « Léo… je peux me permettre de vous appeler ainsi ? Vous devriez vous reposer, on va s’occuper de lui. » Pris au dépourvu par le regard empli de peine de la jeune femme, Heath eu l’impression d’avoir fait quelque chose de mal. Peut-être n’aurait il pas du se permettre de l’appeler ainsi. Il fallait dire qu’il ne la connaissait pas, il n’était pas un proche et venait à peine de la rencontrer. Les traits défaits, le brun tentait de comprendre ce qui n’allait pas chez Eléonor lorsque cette dernière ouvrit la bouche. « Mes amis étaient… Ils devaient me rejoindre et… J’ai vu un mons… J’ai vu un loup les… les dévorer… » Lorsque la jeune femme se pressa contre lui, Heath fut mal à l’aise. Il n’était pas très doué pour réconforter les gens. Inspiré une troupe, des groupes entiers de personnes était une chose qu’il faisait aisément. Néanmoins, planter son regard dans les prunelles brisées d’un être aussi torturé que lui paressait, au jeune Malory, être la plus dur des missions. Lorsque les mains étonnamment forte de Léo s’agrippèrent à son avant bras droit, ce fut comme un rappel à l’ordre pour le chevalier de l’Ecarlate qui passa timidement un bras autour des épaules de la brune en train de sangloter. Malgré lui, le sorcier se projetait énormément en cette pauvre jeune femme qui venait de perdre des proches. Il pouvait revivre dans la douleur de cette inconnue toutes les pertes qu’il avait connues. Les corps sans vies. Les corps mutilés. Ces personnes qui sont parties et ne sont jamais revenues. C’était comme de revivre toutes les claques  qu’il avait reçues depuis le commencement de la guerre une nouvelle fois. Les unes après les autres sans prendre le temps de respirer. « Je sais que ça ne les ramènera pas et que ça ne peut pas atténuer votre peine… mais je suis sincèrement désolé pour vous et je comprends. J’ai perdu aussi plusieurs personnes. » Totalement bluffé par la performance d’une étonnante sincérité de la jeune femme, Heath ne se doutait de rien. La seule chose qu’il voyait c’était une pauvre fille qui venait de perdre des proches. Il ne se doutait pas du loup se cachant dans l’ombre du petit chaperon rouge sans défense qui sanglotait dans ses bras.
Lâchant Eléonore lorsque cette dernière lâcha l’avant bras du soldat, il lui offrit un sourire usé jusqu’à la moelle. Usé d’avoir tant perdu. Usé de tant perdre à chaque fois. Usé de voir des échoués comme lui qui devaient retrouver le rivage après avoir vu leur vie sombrer dans les abysses d’une mer qui ne semblait vouloir se calmer. Usé de ne pas arriver à sauver ne serait-ce qu’une bribe d’innocence dans le regard d’une inconnue. Il était usé et ne se rendait pas compte que la personne lui faisant face devait se repaître du spectacle avec une jouissance sans limite. « Si cet homme a perdu sa famille alors… Alors je suis une des moins touchée, ici, je pense. Je veux soulager son fardeau. Vous pourriez m’apporter de quoi lui prodiguer quelques soins ? Je ne sais pas s’il passera la nuit, je ne m’y connais pas en lycan mais… je veux vous aider. » Hochant la tête, le Malory ne pensait pas que ça soit une mauvaise idée si ça permettait à la jeune femme d’avoir un but. Peut-être que ça pourrait l’aider de faire quelque chose, l’empêcher de penser plus longuement à ses amis disparus. Ne serait-ce qu’oublier un instant. « Vous pouvez rester à côté de lui, lui parler s’il se réveil ou lui tenir la main. Je vais aller chercher un guérisseur, il se chargera de ses blessures bien mieux que vous ou moi. » S’approchant du lycan allongé, le brun lui attrapa la main en essayant de voir s’il était conscient. Le pauvre homme semblait souffrir le martyr et bien même que ses yeux furent ouverts son regard était si terrifié que Heath fut persuadé qu’il était en train de délirer.  Soufflant quelques mots à la victime, il lui promit de revenir vite avant de reposer sa main. Se tournant vers Léo, inconscient de ce qu’il était en train de faire, totalement manipulé par l’ennemie aux allures de proie ayant survécu à un festin, il passa une main dans ses cheveux un peu dépassé par ce qu’il voulait dire. « Je suis désolé vous savez. Pour… Pour vos amis. J’aimerais pouvoir faire plus, j’aurais aimé pouvoir protéger ce village et ses habitants, mais… » Expirant lourdement, le brun posa ses yeux sur le sol en cherchant ses mots. « Il semblerait qu’on concède de plus en plus de victoires et de terres aux slaves. J’aimerais que ça ne soit pas le cas.. Et je me battrais encore tant qu’il le faudra pour que ça ne soit plus le cas. J’aimerais pouvoir sauver tout le monde, mais je ne peux pas. Je suis désolé. » Reposant ses prunelles d’un océan amer sur la jeune femme, c’est pudiquement qu’il s’était tu en ravalant difficilement sa salive. Parler ainsi à cœur ouvert à une inconnue lui servirait à rien. Ainsi avouer ses regrets n’aiderait pas Eléonor à faire son deuil, mais il avait besoin de s’enlever ce poids des épaules. Rien qu’une seconde entendre quelqu’un lui dire que ce n’était pas de ça faute. Parce que ça n’était pas de sa faute. Parce qu’il ne pouvait ne pas sauver tout le monde. Parce qu’il faisait de son mieux. Il ne pouvait néanmoins pas demander ça à la jeune femme. Il ne pouvait le demander à personne. Laissant Léo avec le lycan, il parti au pas de course chercher de l’aide. Aide qu’il lui fallut un certain temps à trouver avant de revenir les bras chargés d’objets servant au guérisseur qu’il avait trouvé.  

 

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Tempérance Ackerley
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MessageSujet: Re: Gentiment je t'immole ± Heath & Léo Sam 13 Sep - 22:46

De toute évidence, la sincérité n’allait pas vraiment au teint de Léonora qui crispait tous ses traits pour empêcher son doux sourire de s’élargir plus que de raison. Elle avait même masqué un gloussement derrière les lourds sanglots lorsque le jeune Malory avait demandé s’il pouvait se permettre de l’appeler Léo et s’était intérieurement félicitée de son talent d’actrice.
La Hongroise ne put s’empêcher de penser que si Andràs avait assisté à la scène, il y aurait certainement trouvé à redire. Peu importait l’argument invoqué, sa posture, la position de ses pieds voire même sa coiffure. Son frangin n’aurait pas manqué une telle occasion de l’inonder de reproches à peine voilés que la louve se serait empressée de corriger. Au fond, le conflit qui se jouait entre les slaves n’avait jamais eu de prise sur Léonora. Elle avait pourtant martelé maintes et maintes fois que les idéaux de Romanova revêtaient une importance primordiale à ses yeux mais ça n’était pas réellement le cas. Entre autres choses, la jeune femme adhérait bel et bien à l’implacable loi du plus fort de la Directrice de Durmstrang, cette même loi qui l’avait menée dans une sombre forêt Hongroise des années plus tôt mais le reste n’avait pas vraiment de prise sur elle. Sans aucun doute, si Andràs avait retourné sa veste, elle n’aurait pas hésité une seule seconde à retourner la sienne. Naturellement, ses interrogations rejoignirent celles qui avaient déjà fait leur chemin tandis qu’elle fixait Heath quelques minutes plus tôt.
Léo n’avait jamais demandé à faire partie d’un bataillon guerrier, elle n’avait jamais demandé à être enchainée à la lune. Cela la dérangeait-elle pour autant ? Il était évident que l’avis de la slave n’avait jamais vraiment compté mais qu’elle n’avait jamais éprouvé le besoin de l’exprimer tout comme elle se retrouvait forcée d’occire des Anglais à tour de bras sans pour autant s’en sentir coupable. Le rapport ambivalent qu’entretenait Léonora n’avait rien d’une nouveauté. Elle avait erré, tâtonné et fait des dizaines d’approximations avant de trouver le bon équilibre entre elle et la Louve, avant d’enfin savoir où elle allait. Quelques secondes, tandis qu’elle sanglotait encore entre les bras d’Heath, la jeune femme se demanda s’il avait lui aussi erré longtemps avant de trouver autant de force. Dans sa vision tordue du monde et peut-être à force de croire ses propres mensonges, la Hongroise ne put s’empêcher de noter qu’ils étaient plus semblables qu’elle ne l’avait imaginé.
Toujours aussi naturellement, succédant aux questions, les réponses s’imposaient d’elles-mêmes. Avait-elle peur de perdre ? Absolument pas. Détestait-elle les anglo-saxons qu’elle déchiquetait sans aucune arrière-pensée ? Non, pas nécessairement. Elle avait certes haï leur faiblesse, leur manque terrible de résistance mais la vision de Malory se débattant de toutes ses forces dans un filet du diable l’avait plus ou moins fait changer d’avis. Il n’avait probablement pas demandé à être pris dans l’ouragan meurtrier qu’était la guerre tout comme elle n’avait pas demandé à être là. Et pourtant, il était sur tous les fronts, rassurant les villageois, protégeant les foyers et soignant les rares qu’il avait réussi à sauver… Pour recommencer. Tout n’était qu’une succession de désolation et de chaos s’enchainant avec une incroyable régularité, que les slaves l’emportent ou non, il n’y avait que la mort dans le sillage des troupes. Mais ils se relevaient. Toujours. C’est ainsi que la guerre semblait s’éterniser.
Les Anglais n’étaient pas faibles, pas tous, du moins. Ils étaient d’excellents adversaires que les difficultés rendaient plus résistants. « Ce qui ne tue pas rend plus fort » disait la sagesse populaire, s’appliquant parfaitement au camp Saxon. Léonora avait son interprétation toute personnelle de l’expression. Si ça ne les tuait pas, elle s’assurerait qu’ils regrettent à jamais d’être du camp des survivants.
Elle aurait volontiers laissé le nouveau lycan en vie et l’observer de loin se décomposer lorsqu’on lui annoncerait qu’il avait participé à la destruction de son village et qu’il avait probablement dévoré un membre ou deux de sa charmante famille. Elle l’aurait observé vomir tripes et boyaux sans détourner le regard, s’amusant du dégoût qu’il aurait éprouvé. Elle l’aurait peut-être même regardé errer seul dans les bois dans l’espoir de mettre fin à ses jours, en vain. Sauf que cette fois, le risque ne valait pas la peine d’être pris. Léo devait choisir entre la souffrance d’un loup lambda et celle du flamboyant Heath Malory.
La question avait longuement tourné dans son esprit et si elle s’était initialement fixée sur Malory par crainte que le loup n’ait la possibilité de la décrire précisément, son avis n’avait cessé d’osciller face au choix cornélien qu’il lui était demandé de faire. Ses lycans survivaient rarement aux attaques et malheureusement, l’occasion ne se présenterait peut-être plus jamais. Pourtant…
▬ Je sais que ça ne les ramènera pas et que ça ne peut pas atténuer votre peine… mais je suis sincèrement désolé pour vous et je comprends. J’ai perdu aussi plusieurs personnes...
Lentement, Léonora releva les yeux sur le jeune soldat. Les dés étaient jetés, ce serait lui. Il y croyait tellement et sa sincérité était si profonde que la Hongroise en fut presque intimement touchée, au-delà du plaisir qu’elle éprouvait à savoir qu’elle était sans doute à l’origine de quelques pertes évoquées par le malheureux soldat.
La Slave se mordit la lèvre inférieure et baissa les yeux, retenant de justesse les questions qui lui brûlaient les lèvres. Elle se serait damnée pour pouvoir demander immédiatement des précisions, des détails morbides sans aucune limite mais le sourire fatigué que lui adressa le soldat sembla la contenter provisoirement.
▬ Merci. Murmura-t-elle, le ton tremblant d’excitation contenue tandis qu’Heath lui donnait l’autorisation de rester auprès du blessé manifestement sans savoir entre quelles mains il le laissait.
Léo se figea lorsque le soldat s’approcha de la victime pour lui prendre la main. Elle craignit un instant qu’il ne l’identifie dans ses délires et ne fasse immédiatement tomber le masque avant d’exhaler un soupir soulagé en constatant qu’en dépit de ses pupilles terrifiées braquées sur elle, il n’y avait pas grand-chose à en tirer. Un léger froncement de sourcil vint froisser ses traits fatigués avant qu’elle ne s’approche de sa victime avec plus de précipitation qu’elle ne l’aurait souhaité.
▬ Je suis désolé vous savez. Pour… Pour vos amis. J’aimerais pouvoir faire plus, j’aurais aimé pouvoir protéger ce village et ses habitants, mais… Elle s’était déjà détournée d’Heath, plongeant ses prunelles dans celles du nouveau lycan, retenant avec peine le sourire carnassier qui naissait sur ses lèvres. Léo allait se pencher sur le blessé lorsque les paroles du soldat de l’Ecarlate lui firent relever la tête.
▬ Il semblerait qu’on concède de plus en plus de victoires et de terres aux slaves. J’aimerais que ça ne soit pas le cas… Ce simple constat lui arracha un sourire involontaire. Savoir qu’ils gagnaient du terrain était une chose mais l’entendre de la bouche de l’adversaire en était une autre, autrement plus gratifiante. Elle redressa fièrement les épaules, assez involontairement, poussée par la fierté de la Louve bouillonnant entre ses reins. ▬ Et je me battrais encore tant qu’il le faudra pour que ça ne soit plus le cas. J’aimerais pouvoir sauver tout le monde, mais je ne peux pas. Je suis désolé. Au prix d’un grand effort de volonté, la Slave réduisit son sourire extatique à son plus simple appareil. Elle leva un regard indulgent sur le Malory. Elle ne le répèterait jamais assez, évidemment que ça n’était pas sa faute. Ou peut-être l’était-ce un peu s’il n’avait pas les épaules assez solides pour endurer ce que la Hongroise lui faisait subir.
▬ Vous êtes courageux. Se résolut-elle à lâcher avec une certaine sincérité dans le silence qui avait succédé. Il lui avait maintes fois prouvé sa bravoure et sa ténacité et elle se devait au moins de la saluer verbalement, faute de mieux. ▬ Vous êtes courageux mais vous ne devriez pas tout porter à bout de bras. Le poids que vous portez, vous devriez le partager. Poursuivit-elle platement tout en caressant distraitement le front du blessé. Léo n’avait aucunement l’intention de préserver la santé mentale du malheureux soldat mais à ses yeux, il était évident que plus les écueils étaient nombreux, plus il semblait en mesure de les surmonter. Elle voulait savoir s’il avait déjà partagé son fardeau, qui il avait perdu et s’il restait encore des êtres capables de soulager sa peine. Si tel était le cas, elle le regarderait se reposer sur ses subalternes et amis, les écraserait un à un sans aucun état d’âme. Jusqu’à ce qu’il termine seul avec un fardeau toujours plus important. Elle l’enjoindrait à partager ses peines et ses espoirs déçus pour mieux s’en emparer.
Il la laissa seule, enfin, avec le lycan moribond qui la dévisageait d’un air horrifié, écartant par la même occasion tout doute concernant les chances qu’il l’ait reconnue ou non. Elle devrait peut-être songer à modifier ses méthodes… Léonora attendit qu’Heath disparaisse dans un recoin de l’infirmerie pour se pencher par-dessus le corps du blessé, ses lèvres effleurant son oreille tandis qu’un grondement menaçant envahissait sa gorge.
▬ Essaie de crier, dis quoi que ce soit sans que je t’y ai autorisé et je t’assure une mort longue et douloureuse. Ou pas de mort du tout si on décide de te dresser pour le combat… Le grondement s’atténua et la louve montra furtivement les dents. Elle était l’Alpha de la meute, certes provisoire, mais elle en était à l’origine et il devrait se soumettre même si cela signifiait mourir à coup sûr. Tout dépendait de la façon de le faire. D’un mouvement fluide, ayant enfin pleinement récupéré ses capacités physiques, Léo attrapa le couteau qu’elle avait laissé tomber au sol quelques minutes plus tôt et le fit glisser le long de la peau meurtrie du blessé.
Les menaces n’avaient pas vraiment de raison d’être mais elle comptait sur le fait que l’homme soit trop terrifié et moribond pour réfléchir clairement. Dans l’état actuel des choses, avec Léo armée seulement d’un couteau peu aiguisé et de ses connaissances personnelles, la mort du lycan serait dans tous les cas longue et douloureuse. Il lui faudrait gagner du temps et trouver de l’argent. Au sens propre du terme, aussi répugnant puisse lui paraître cette idée. Elle allait devoir traiter le mal par le mal tout en s’assurant que cela ait l’air d’un accident et la situation lui paraissait de plus en plus complexe pour une simple histoire d’observation.
Tout en se redressant, elle trancha rapidement dans les chairs, déchirant les muscles et touchant quelques points vitaux avant de laisser le couteau dans une blessure, comptant sur la cicatrisation rapide du loup pour faire des ravages. Son regard se posa finalement sur Heath qui revenait accompagné d’un guérisseur. Ses yeux descendirent sur ses propres mains ensanglantées et elle se jeta de nouveau sur le blessé en prenant un air affolé pour interpelé le soldat.
▬ Tout avait l’air d’aller mieux et soudain, il a bougé et ses blessures… Faites quelque chose, je vous en prie ! Je ne veux pas voir quelqu’un mourir sous mes yeux à nouveau, c’est trop… Léo ferma furtivement les yeux tandis que ses mains balayaient les blessures qu’elle avait elle-même ré-ouvertes, cherchant à vaguement arrêter l’hémorragie. Je vais chercher des linges ! Glapit-elle finalement d’une voix étranglée avant de se précipiter un peu plus loin, saisissant l’occasion de trouver de quoi faire succomber le lycan.
Elle erra quelques minutes à la recherche de gants et autres instruments en argent, puis se perdit rapidement entre les couches de fortune, profitant de pouvoir librement se déplacer dans l’infirmerie pour admirer le reste de son œuvre. Des gémissements, des pleurs et des sanglots. Nul miracle de la vie ne venait remplacer les existences perdues. Une simple succession de désolation.

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Rohan Garrigan
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MessageSujet: Re: Gentiment je t'immole ± Heath & Léo Dim 28 Sep - 10:40



HONEST TO GOD I'LL BREAK YOUR HEART, TEAR YOU TO PIECES AND RIP YOU APART. ONE NIGHT OF THE HUNTER, ONE DAY I WILL GET REVENGE. ONE NIGHT TO REMEMBER, ONE DAY IT'LL ALL JUST END.

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Le jeune Malory avait une vie, une famille. Il se souvenait clairement de son enfance, ses excursions dans les bois, son entrée à Poudlard, son éducation. Il se souvenait de ses parents et leur force qui rayonnait à travers tous les coups durs. Heath se souvenait parfaitement de la vie qu’il avait eu, de la vie qu’il aurait du avoir. Avec les années, il aurait surement marié son amie d’enfance, eu quelques enfants et pérennisé l’héritage des Malory. Une vie sans écueil, sans soucis, sans douleur et gloire aussi. Lorsque la guerre avait fauché son pays, sa petite bourgade, le brun n’avait rien pu faire d’autre que prendre les armes aux côtés du meneur des Guerriers de l’Ecarlate. Depuis, chaque journées, chaque centimètre de terrain qu’il essayait de gagner était une lutte. Les crépuscules étaient plus beaux que les aurores aux yeux du jeune sorcier. Ils étaient moins douloureux aussi. La souffrance d’un autre jour, la lourdeur des obligations écrasant ses épaules disparaissaient une fois la nuit tombée, une fois que le soleil se couchait. Mais, toutes ces choses qu’il arrivait à oublier l’espace d’une nuit, fuyant les cauchemars et les nuits les plus noires, revenaient au petit matin. Heath ne pouvait pas fuir ce qu’il était devenu, ce qu’il avait fait. Malgré ses idéaux, ses belles paroles, cette guerre était une guerre comme n’importe quelle autre. Elle était dégueulasse, horrible, le sang s’infiltrait partout, les cadavres putrides retournaient à la terre alors que le craquement des brindilles cédant sous le poids des hommes ressemblait à des os que les soldats rompaient de leurs bottes sur leur chemin vers la victoire. Si victoire il y avait à la fin de la journée. Si victoire il y avait à la fin de ce conflit. Heath ne savait pas, il ne savait plus depuis longtemps. Ses yeux perdus dans le vide, les remerciements qui traversèrent les lèvres d’Eléonore n’arrivèrent même pas à atteindre le jeune homme. Ce dernier était insensible à ce genre de mots. Par les temps qui courraient, les mercis ne voulaient plus rien dire, seules les pertes semblaient compter.
Aveuglé, pareil à un malvoyant tentant de distinguer le bien du mal, Heath avait pressé auprès de leur seul témoin valide la source de toutes leurs souffrances. Son manque de clairvoyance était affolant, la manière dont Léo se jouait de lui n’était pas digne d’un leadeur. Quelque chose avait obscurci sa vision, à croire qu’il souffrait d’une éclipse du cœur, devenant ainsi incapable de sentir depuis ses entrailles son instinct. Tout cela était une aubaine pour la louve qui pouvait librement profiter du spectacle sans que le soldat ne soit capable de tirer les conclusions évidentes de ce qui se déroulait juste sous ses yeux. « Vous êtes courageux. » Le fantôme d’un sourire étira les lèvres du bien trop jeune Heath alors qu’il se rappelait de son enfance et des mots de sa mère qui le grondait d’avoir des idéaux trop grands pour lui et un courage qui lui serait fatale. Si seulement il avait su à l’époque ce qu’il sait aujourd’hui, peut-être aurait il rampé dans la fange pour perdre ses belles illusions et admettre la vérité. Les idéaux ne font pas survivre les combattants, les idéaux les mènent juste à la potence plus rapidement. « Vous êtes courageux mais vous ne devriez pas tout porter à bout de bras. Le poids que vous portez, vous devriez le partager. » Regardant la jeune femme caresser en douceur le front du blessé, ce que Heath prit pour de la tendresse n’était rien d’autre qu’un mouvement mécanique de la part de la louve. Il s’agissait plus d’une possessivité masquée, que d’un réel geste tendant à soulager le mourant rien qu’un instant, rien que pour le rassurer. Regardant Eléonore faire quelques instants, les visages de son propre visage las et défaits, au bout d’un moment, le brun souffla d’une voix bien plus vieille que ce qu’elle n’aurait du : « On doit tous porter des fardeaux impossible à porter. Ce sont des choses dont on ne peut se délester et puis, à quoi bon ? Ca ne rime à rien d’imposer plus de tourments aux autres alors que tout le monde doit vivre avec les siens. » Il avait cru une seconde que c’était possible, mais il ne pouvait poser les maux qui brisait ses épaules. Sur ces quelques mots, l’anglais tourna les talons et alla chercher un guérisseur au pas de course.
Une fois qu’il eu trouvé l’autre sorcier, les deux se mirent à prendre plusieurs ustensiles qui allaient être utile à ce dernier, des pots plein d’onguents, des bandages et autres. Les bras chargés d’objets, les deux soldats britanniques arrivèrent lentement jusqu’au lycan blessé. Ce qui s’avéra être bien plus préjudiciable que ce que le Guerriers de l’Ecarlate avait bien pu le croire. Le spectacle que le Malory aperçu n’avait rien à envier à celui d’un champ de bataille. Les mains de la brune étaient couvertes de sang alors que le blessé à côté d’elle se vidait de ce liquide si vital. « Tout avait l’air d’aller mieux et soudain, il a bougé et ses blessures… Faites quelque chose, je vous en prie ! Je ne veux pas voir quelqu’un mourir sous mes yeux à nouveau, c’est trop… » Le brun fixait Eléonore horrifié alors que le guérisseur se précipitait vers le blessé. Heath cherchait tant à éviter que les autres souffrent de toutes les horreurs qui arrivaient en ces temps troubles qu’il ne faisait plus face qu’à des échecs successifs. Non, ce lycan ne pouvait pas mourir. Il était la clé de toutes ces vagues d’attaques tordues et meurtrières. Il allait pouvoir leur offrir des réponses, souffrir le martyr jusqu’à la fin de ses jours aussi. Peut-être qu’au final, les anglais auraient du avoir la décence de laisser mourir l’unique survivant des lycanthropes forcés à faire cette tuerie. Peut-être était cela la miséricorde. Cependant, le guérisseur et lui-même ne pouvaient s’y résoudre. Exerçant une pression sur une des blessures du lycan, Heath regardait le guérisseur s’agiter dans tous les sens. Les blessures étaient superficiels, étranges aussi. « Je vais chercher des linges ! » Levant les yeux sur la jeune femme, le soldat n’eu pas le temps de répondre qu’elle avait déjà filée. De toute manière, ce n’était pas comme si elle était d’une grande utilité. Néanmoins, le brun s’interrogeait sur la santé mentale de la pauvre survivante qui devait faire face à un nouveau trauma, un de plus. Au final, ils n’étaient qu’une bande de pion, des enfants jetés au milieu d’un échiquier géant et obligés de remplir le rôle qui était le leur. Heath était un cavalier blanc dont la robe immaculée tournait progressivement au rouge. Il avait de plus en plus de mal à différencier sa robe de celle d’un noir d’ébène de son ennemi. Les mains recouvertes de sang, faisant ce que le guérisseur lui disait, le Malory faisait de son mieux pour être utile, servir à quelque chose. Ca ne l’empêchait pas de se sentir impuissant, à croire qu’il ne savait plus faire qu’une chose et c’était de se battre comme un beau diable.
Lorsque sa présence ne fut plus requise, au bout de bien trop longues minutes, le jeune homme se rendit compte qu’Eléonore n’était toujours pas revenue d’avoir été chercher des linges propres. Essuyant le sang presque sec qui recouvrait ses mains à même sa tenue, le brun laissa à l’autre sorcier le soin de veiller sur leur blessé qui souffrait le martyr, mais n’allait pas s’éteindre. Traversant leur camp de fortune, des hommes, des femmes allongées sur les couches sales qu’ils avaient posés vivement, le soldat aurait voulu devenir sourd l’espace d’un instant. Les gémissements, les promesses soufflées à demi-mots ainsi que les sanglots étaient tant de poignards qu’on plantait allégrement dans sa chair. Il ne voulait pas en entendre plus, il ne voulait pas en savoir plus. Le jeune homme n’avait pas la carrure pour faire face à tout cela, il ne l’avait jamais eu. Ce n’était qu’un mort vivant qui cherchait à repousser la faucheuse venue prendre toutes les personnes l’entourant. Il luttait comme un diable qu’on chercherait à mettre en cage. Se débattant de toutes ses forces alors que ses efforts restaient vains.
Apercevant Léo, ses mains déplaçant les affaires que les anglais avaient amenées avec eux, Heath s’approcha d’elle en se faisant rapidement remarqué. Tâchant d’avoir l’air rassurant, un mince sourire étirant fantomatiquement ses lèvres, il dit calmement : « Il va bien et est hors de danger pour le moment. Notre guérisseur s’occupe du blessé. Ne vous inquiétez pas pour lui, vous devriez vous reposer je pense. » Son cerveau embrumé par la fatigue, transférant ses bonnes intentions sur les personnes l’entourant, Heath était assez idiot que pour ne se rendre compte de rien. Il aurait du noter l’étrangeté des blessures du lycan qui s’étaient rouvertes comme par magie, il aurait du noter l’étrangeté de cette fille sortie de nulle part et supposément la seule survivante de son groupe de connaissances. Tous les signes étaient là et pourtant le brun ne voyait rien. C’était un fou à la tête d’un petit bataillon. L’instigateur de leur fin à tous s’il continuait à flirter avec la faux que tenait son ennemi. « Ne vous inquiétez plus pour cet homme, nous nous occupons de lui et allons obtenir des réponses une fois qu’il ira mieux, pour le bien de tous. » Sauf celui de la louve lui faisant face. Heath était un idiot portant des œillères. Jamais les bons sentiments et les idéaux n’avaient gagnés de guerre. Seul les personnes efficaces, capable de faire ce qui avait à faire sans tergiverser le pouvait. Les gens de la trempe du Malory menaient les gens au combat, les gens de la trempe de Léo eux achevaient les batailles. Ils se tenaient chacun d’un côté opposé du même continuum. Seul le temps allait pouvoir dire lequel des deux serait le vainqueur de cette guerre, mais depuis le début, le soldat concédait bien trop de terrain à ses ennemis. Il avait l’impression de faire des promesses à tout le monde. Hurler des mots contre le vent en espérant que quelqu’un lui réponde. Il promettait à Eléonore des réponses sans se rendre compte qu’il ne les obtiendrait surement pas, qu’il ne pouvait pas les obtenir.


 

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Gentiment je t'immole ± Heath & Léo

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